Miamourdises

éloge de la gourmandise

25 février 2009

Mon coleslaw rose

Quand j'étais petite, j'ai été amoureuse, souvent, de garçons, plus ou moins grands. Lorsque j'y repense maintenant, avec mes yeux d'adulte, je me dis que ces amours-là n'avaient rien de semblable avec l'amour que je vis maintenant. Mes amours de petite fille étaient faits de longues rêveries, de pensées interminables et de longs soupirs. L'attente, cela se résumait à cela finalement, attendre de le voir, que nos regards se croisent, attendre un sourire, guetter les moindres gestes, leur donner une signification folle; tout avait de l'importance, rien n'échappait à mes yeux alanguis. Mais c'était bien sérieux toutes ces histoires quand même, c'était bouleversant, ça chamboulait tout dans ma vie et dans mon coeur. Puis on grandit et ces petits amours s'envolent, légers comme des papillons qui se seraient posés sur notre coeur, mais on les garde avec nous, ces visages qui nous ont tenu chaud les matins d'hiver, qui nous ont fait revêtir nos habits de princesse et qui ont coloré nos joues de rose empourpré. Et malgré tout lorsqu'on y repense, on se sent un peu plus légère, juste parce qu'ils nous font retomber d'un coup, dans l'univers de notre tendre enfance.
Dans ma bibliothèque, un livre de poche tout usé, d'une collection qui peut-être n'existe plus, un livre tout vieux et vivant comme je les aime, que j'ai lu et relu sans me lasser : "Ben est amoureux d'Anna" ou "Ben liebt Anna", car je l'ai lu en allemand aussi, sa langue d'écriture. Ben est allemand d'ailleurs, il a dix ans et va tomber amoureux d'une nouvelle venue dans sa classe, elle s'appelle Anna, elle vient de Pologne, elle est différente et ils vont s'aimer. Une histoire toute simple, mais si on ouvre nos yeux d'enfants, on y trouvera une richesse inattendue.

coleslaw01

Ingrédients
pour toute une tribu de petits amoureux
1 pomme Pink Lady
2 carottes
1 betterave crue
1/4 de chou rouge
1/4 de céleri boule
mayonnaise maison
sauce Worcestershire

Recette
Eplucher la pomme, l'épépiner.
Peler les carottes, la betterave et le céleri.
Râper la pomme, les carottes, le chou rouge, le céleri et la betterave dans un robot à l'aide de la grille moyenne.
Préparer une mayonnaise et la mélanger à de la sauce Worcestershire selon votre goût. Bien mélanger.
Verser la sauce sur vos crudités, mélanger soigneusement et mettre au frais au moins 4 heures.

benanna

Posté par Lauriana à 10:28 - Salades - Commentaires [23] - Rétroliens [0] - Permalien [#]




19 février 2009

Courgettes frites comme en Sicile

Lorsque ma maman est arrivée en France, elle avait à peine dix-sept ans. Elle était mariée, avait une petite fille de deux ans et un petit bébé n'allait pas tarder à naître. Elle était venue de Sicile avec son mari, rejoindre ses parents, qui eux étaient déjà installés en France. Ils sont venus pour le travail, ils ne parlaient pas un mot de français. Le destin a voulu que ma maman perde son mari peu de temps après leur arrivée, puis il a voulu qu'elle rencontre mon papa. L'amour faisant, une année plus tard nous étions une famille de quatre enfants. Quand j'y repense, je me dis que ma maman a eu deux vies, celle en Sicile, la terre où elle est née, celle de son enfance et de son premier amour, puis la vie d'ici, la langue à apprivoiser, les gens, la manière de vivre, le climat. Pourtant quand je la regarde, je ne vois rien de toutes les blessures qu'elle a pu avoir, je ne vois qu'une évidence: une mère, entourée de ses enfants, ses petits-enfants, sa tribu.
De la Sicile, je ne connais pas grand chose, juste ce que ma maman a pu m'en raconter, et surtout la cuisine de ma nonna et les souvenirs de nos dimanches au "bloc", là où ils habitaient quand j'étais petite. Ce n'était pas très grand, dans des bâtiments où il n'y avait que des italiens quasiment. On se serrait, il y avait du monde partout, dans la cuisine au rideau en plastique multicolore, le salon et même les chambres. Je me souviens des jeux avec mes cousines dans le sous-sol du bâtiment, de la voiture à pédale de mon frère que nous nous disputions, et de mon nonno et ses glaces à la "pichtache" qu'il nous préparait inlassablement. Et aussi de la machine à café italienne qui n'en finissait pas de chauffer, des parties de cartes mouvementées et de la sauce de tomates fraîches qui mijote dans la cuisine.
"La cucina", de Lily Prior, un petit livre à déguster avec gourmandise, plein de sensualité et de gastronomie, avec un peu de mafia sicilienne mais juste ce qu'il faut. je n'en dirai pas plus, les premiers mots du livre suffiront :
"Dépose un tas de farine sur la table, la vieille table de chêne qui nous vient de Nonna Calzino, patinée par des années d'usage quotidien. Il en faut juste assez, ni trop, ni trop peu. De la fine farine de blé dur du moulin de Papa Grazzi à Mascali. Ajoute une bonne pincée de sel. Fais un puits et casses-y des oeufs entiers extra-frais, plus quelques jaunes, puis incorpore un filet d'huile d'olive premier choix et quelques cuillerées d'eau froide."

courgettesfrites
Recette tirée du livre "La cuisine sicilienne", Eufemia Azzolina Pupella

Ingrédients
pour 1 nonno, 1 nonna, 1 maman, 1 papa, des enfants
1 kilo de courgettes
1 verre de vinaigre
1 cuiller à café de sucre
5 feuilles de menthe
30g de raisins secs
1 gousse d'ail
Sel, poivre
huile

Recette
Couper les courgettes en tranches.
Les faire frire à l'huile très chaude dans une sauteuse avec la gousse d'ail entière puis l'enlever dès qu'elle est dorée.
Saupoudrer de sucre.
Ajouter la menthe ciselée et les raisins secs, mélanger délicatement.
Arroser de vinaigre, couvrir et éteindre le feu.

Si vous cassez des oeufs sur cette préparation, vous obtiendrez une succulente omelette!

Posté par Lauriana à 18:14 - Légumes - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


04 février 2009

Crêpes déferlantes au quinoa

Quand on parle de crêpes, je pense directement à la Bretagne. Je pense au caramel au beurre salé, au vent qui se lève, au chocolat chaud qui fume dans ma tasse, à mes mains posées sur la table du petit bistrot, là, juste près de l'océan, où quelques vagues viennent cogner contre les rochers. Je frissonne un peu, mais mon chéri est à mes côtés, c'est lui qui m'a fait découvrir ce beau pays, et c'est lui que j'aime à travers tout. On a fermé nos manteaux, on a froid aux oreilles et le bout du nez rouge, il va être bientôt 18 heures, doucement se diriger vers les rochers, y grimper et s'asseoir, attendre que la dame aux chats arrive, et avec elle tous les chats qui dormaient paisiblement sous les rochers, les queues pointues qui se lèvent, impatientes et avides de manger, la dame aux chats avec ses boîtes et ses tupperwares, ses sachets en plastiques et son écharpe qui pend. Discuter un peu avec elle, savoir combien il y a de chats cette année, lequel est le plus vieux. Les chats ronronnent et se frottent à elle, ils la remercient d'un battement de paupière, puis repartent à l'abri, dans les rochers. La dame remballe ses boîtes et ses fourchettes, elle part rejoindre son mari qui l'attend, plus loin, à discuter avec un vieux monsieur d'ici. Moi je veux rester encore un peu, à regarder les chats du port de Lesconil, à regarder les vagues, le ciel au loin, à respirer le sel et le vent. Juste moi, mon chéri et la vie.
Lisez "Les déferlantes", de Claudie Gallay, cela se passe à la pointe du Cotentin, ce n'est pas la Bretagne mais ça m'y fait penser. Quand on lit les premières pages, on y est déjà, on a envie de se servir un thé chaud et de se rouler en boule sous la couette. On est avide de savoir qui est Lambert, ce qu'il vient chercher sur ces terres retirées, que cache-t-il et quel est son passé. C'est une histoire remplie de personnages attachants, la narratrice nous emmène facilement dans son monde intérieur, on a immédiatement envie de la suivre, sans trop savoir où cela va nous mener. On se laisse prendre, comme par une vague.
Après vous mangerez des crêpes au parfum un peu rustique, avec des flocons de quinoa dans la pâte, ou de l'avoine ou ce que vous voudrez. Des crêpes un peu épaisses, avec du fromage frais tartiné dessus, juste un soupçon de poivre noir. Ce sera réconfortant.

crepesquinoa

Ingrédients
pour contenter deux grands enfants
130 ml de lait
3 cuillères à soupe de flocons de quinoa
2 oeufs
150 grammes de farine de blé
1 cuillère à soupe d'huile d'olive
1 pincée de sel

Recette
Dans un bol, verser le lait et les flocons de quinoa. Laisser reposer dix minutes.
Verser la farine dans un saladier avec une pincée de sel et mélanger. Ajouter les oeufs et mélanger.
Ajouter l'huile d'olive et le mélange au lait petit à petit et mélanger vivement.
Laisser reposer votre pâte une vingtaine de minutes.
Cuire des petites crêpes dans une poêle huilée bien chaude 2 minutes de chaque côté.

A déguster avec une petite salade toute frisée!

Posté par Lauriana à 12:19 - Crêpes, galettes - Commentaires [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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